Quétiapine ou olanzapine : indications, somnolence, poids et réévaluation du traitement
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La quétiapine et l’olanzapine sont toutes deux des antipsychotiques atypiques, mais elles ne sont pas simplement des somnifères que l’on peut substituer l’un à l’autre. Leur rôle dépend du diagnostic, de la phase du traitement et de la forme pharmaceutique. Une comparaison est surtout utile lorsqu’elle permet de comprendre les compromis de votre propre prise en charge : ce qui est traité, ce qui s’est amélioré et quels effets indésirables justifient un changement. Elle ne peut pas déterminer pour vous une dose ou un médicament de remplacement.
Quelles indications ont-elles en commun ?
Les deux médicaments sont utilisés dans la schizophrénie et certaines formes du trouble bipolaire. L’olanzapine a sa place dans le traitement des épisodes maniaques et la prévention des récidives chez les patients pour lesquels elle est indiquée. La quétiapine peut être utilisée pour les symptômes maniaques et dépressifs du trouble bipolaire ainsi que dans le traitement d’entretien. Les indications exactes dépendent de la spécialité, de la tranche d’âge et du pays. Demandez quelle indication précise s’applique à votre situation plutôt que de la déduire du nom de la classe médicamenteuse. [1] [2]
Une personne qui prend un antipsychotique n’est pas nécessairement atteinte de schizophrénie. De même, deux personnes ayant le même diagnostic peuvent avoir des objectifs différents, parce que l’une est prise en charge pour un épisode aigu et que l’autre envisage une prévention. Le dossier de prescription doit rendre cet objectif compréhensible pour les cliniciens qui n’étaient pas impliqués au début du traitement.
Le traitement de la dépression nécessite une distinction supplémentaire
La quétiapine est utilisée dans la dépression bipolaire, et certaines formes pharmaceutiques sont utilisées en complément d’un autre traitement dans la dépression majeure. L’olanzapine associée à la fluoxétine a une place distincte dans certains schémas de traitement de la dépression. Ces indications ne sont pas interchangeables avec celles de l’olanzapine seule ni applicables à n’importe quelle dose de quétiapine. Le rôle de l’association et la raison d’être de chaque substance active doivent être expliqués. [3] [5]
Avant de les comparer, demandez si le clinicien traite une dépression bipolaire, une dépression majeure ou des symptômes psychotiques survenant au cours d’un épisode thymique. Une comparaison fondée uniquement sur le mot « dépression » peut laisser de côté des différences importantes dans le traitement. Signalez toute période antérieure d’humeur anormalement élevée, de diminution du besoin de sommeil ou d’impulsivité avant toute modification d’un traitement comprenant un antidépresseur.
Que peuvent établir les études comparatives ?
L’essai randomisé CATIE, mené chez des personnes atteintes de schizophrénie chronique, a comparé plusieurs antipsychotiques, dont la quétiapine et l’olanzapine. Ses résultats métaboliques ont montré une prise de poids plus importante et des modifications moins favorables de plusieurs paramètres métaboliques avec l’olanzapine qu’avec les autres médicaments étudiés. Il s’agit de données pertinentes concernant une population étudiée, et non d’une garantie de l’effet chez chaque personne ou dans chaque contexte diagnostique. [6]
N’interprétez pas cette comparaison comme signifiant que la quétiapine ne peut pas affecter le poids ou la glycémie. Les deux médicaments nécessitent une surveillance. Une moyenne issue d’un essai ne doit pas non plus faire oublier qu’un médicament a bien fonctionné chez une personne donnée. Discutez à la fois des données disponibles et de votre propre réponse au traitement, notamment du risque qu’un changement proposé entraîne un autre problème.
La somnolence n’est pas synonyme de réussite du traitement
Les deux médicaments peuvent provoquer une somnolence, des sensations vertigineuses et une fatigue. Ces effets peuvent apparaître avant que le bénéfice psychiatrique recherché soit pleinement perceptible. Ne jugez pas le traitement uniquement à la rapidité avec laquelle il vous fait dormir et ne supposez pas qu’un médicament plus sédatif est plus efficace pour votre diagnostic. L’objectif doit inclure la capacité à fonctionner dans la journée et le soulagement des symptômes traités. [1] [2]
Décrivez les effets sur les activités ordinaires : difficulté à se réveiller, peine à tenir toute la journée au travail, endormissement pendant une conversation ou sensation d’instabilité au moment de se lever. Ne conduisez pas et n’utilisez pas d’équipement dangereux lorsque vos capacités sont altérées. Une réévaluation utile distingue l’amélioration du sommeil de la sédation diurne indésirable et examine si les troubles du sommeil nécessitent leur propre évaluation plutôt qu’une nouvelle prescription sédative.
Poids, appétit et santé métabolique
La quétiapine et l’olanzapine peuvent affecter l’appétit, le poids et la santé métabolique. Les informations destinées aux patients concernant l’olanzapine mentionnent expressément de possibles augmentations de la glycémie et du cholestérol. La quétiapine fait également l’objet de mises en garde concernant le syndrome métabolique. La surveillance est importante même lorsqu’une personne ne remarque aucun changement d’appétit ou pense que son poids est resté stable. [1] [7]
Demandez un bilan initial et un programme de suivi portant sur le poids, la pression artérielle, la glycémie ou l’HbA1c et les lipides, adaptés à votre situation réelle. Faites part de vos préoccupations rapidement plutôt que d’attendre qu’elles vous paraissent irréversibles. Une réévaluation peut examiner ensemble l’accompagnement nutritionnel, les obstacles à l’activité physique, les autres facteurs médicaux et la prescription psychiatrique. Une variation de poids ne doit pas être considérée comme le signe d’un défaut de caractère ni comme une raison d’abandonner des soins efficaces sans plan prévu.
Les différentes formes de quétiapine ont des consignes distinctes
Les consignes concernant la quétiapine à libération immédiate et à libération prolongée ne doivent pas être mélangées ou appliquées indifféremment. Les horaires de prise et les consignes relatives aux repas diffèrent. Les comprimés à libération prolongée doivent être avalés entiers, sans être écrasés ni divisés, et les informations américaines destinées aux patients précisent qu’ils doivent être pris sans nourriture ou avec un repas léger. Suivez la notice de votre médicament exact et demandez à un pharmacien de clarifier tout conseil contradictoire. [3]
Lors de la réévaluation, précisez la forme pharmaceutique ainsi que le dosage. Une boîte inhabituelle peut correspondre à un changement de marque, mais ne supposez pas que tout changement laisse les caractéristiques de libération inchangées. Signalez les difficultés à avaler, l’irrégularité des repas ou les problèmes d’approvisionnement plutôt que de compenser en prenant des comprimés supplémentaires.
Les comprimés et les injections d’olanzapine ne correspondent pas à un même schéma thérapeutique
L’olanzapine par voie orale se prend généralement une fois par jour, avec ou sans nourriture. Les comprimés classiques et les comprimés orodispersibles ont des consignes de manipulation différentes, et les formes injectables nécessitent des modalités de prise en charge qui leur sont propres. Le plan de traitement doit préciser la forme pharmaceutique effectivement utilisée. Ne remplacez pas une injection retardée par une dose orale estimée et ne considérez pas l’existence d’un comprimé orodispersible comme la preuve que toutes les formes agissent selon le même calendrier. [8]
Demandez qui est responsable de la prochaine prescription ou du prochain rendez-vous, quelle surveillance accompagne le médicament et ce qui se passe si le traitement est interrompu. Gardez votre liste actuelle de médicaments accessible lorsque vous passez d’un service à un autre. Une consigne recopiée indiquant de poursuivre l’olanzapine est incomplète si elle ne précise pas ce qui est effectivement administré.
Le tabagisme est une question particulièrement importante avec l’olanzapine
L’arrêt ou la réduction du tabagisme peut augmenter l’exposition à l’olanzapine et les effets indésirables tels que les sensations vertigineuses, la sédation ou une baisse de la pression artérielle. La reprise du tabagisme peut réduire son effet. Informez le prescripteur d’une tentative d’arrêt, d’une hospitalisation sans tabac ou d’une reprise du tabagisme après la sortie. Ces changements nécessitent une réévaluation individualisée, et non un ajustement d’un pourcentage standard effectué à domicile. [9]
N’appliquez pas automatiquement les consignes relatives au tabagisme sous olanzapine à la quétiapine ou à tous les médicaments psychiatriques. Le mécanisme et l’importance clinique dépendent du médicament. Demandez au pharmacien d’examiner l’ensemble de votre liste de médicaments et de consigner les mesures nécessaires. Le plan doit soutenir un arrêt du tabac en toute sécurité, plutôt que de faire de cette interaction une raison de continuer à fumer.
Autres interactions et problèmes de santé
La quétiapine interagit avec certains antibiotiques, antifongiques et autres médicaments, et le jus de pamplemousse doit être évité. Pour les deux médicaments, il faut réévaluer le traitement en tenant compte des autres traitements sédatifs et de l’alcool. Informez l’équipe des troubles du rythme cardiaque, d’une pression artérielle basse, de crises convulsives, d’une maladie du foie, d’un diabète et des médicaments prescrits par d’autres services. Un nouveau traitement de courte durée peut être aussi important qu’une prescription au long cours. [1] [4]
La grossesse, l’allaitement et les projets de conception nécessitent une discussion individualisée. Les conséquences d’une maladie psychiatrique non traitée doivent être prises en compte au même titre que les risques liés aux médicaments. Ne changez pas de médicament en supposant que l’un est systématiquement plus sûr pendant la grossesse, et n’arrêtez pas brutalement le traitement après un test de grossesse positif sans demander rapidement un avis médical. [1] [4]
Troubles du mouvement et mises en garde importantes
Les deux médicaments peuvent provoquer des effets indésirables touchant les mouvements. L’apparition de mouvements involontaires de la bouche, de la langue ou des membres, d’une agitation importante ou d’une raideur doit être évaluée. Une fièvre accompagnée d’une raideur intense, d’une confusion ou d’un rythme cardiaque instable peut indiquer une réaction grave. Un collapsus, une crise convulsive, une réaction allergique grave ou une difficulté à respirer nécessite une aide médicale d’urgence. Signalez les symptômes plutôt que de supposer qu’un médicament qualifié d’atypique ne peut pas les provoquer. [3] [4]
Les personnes âgées présentant une psychose liée à une démence ont un risque accru de mortalité sous antipsychotiques. Les informations américaines destinées aux patients indiquent que ni la quétiapine ni l’olanzapine ne sont approuvées par la FDA pour les troubles du comportement liés à la démence. Un risque suicidaire immédiat ou une détérioration importante de la santé mentale justifie également une évaluation urgente, et non une discussion de routine sur le choix du comprimé préférable. [3] [4]
Alcool, addiction et sevrage
Aucun des deux médicaments ne doit être utilisé comme traitement de sevrage entrepris de sa propre initiative. Une personne présentant une psychose et des difficultés liées à l’usage de substances a besoin d’une évaluation et d’un traitement coordonné de ces deux problèmes. Le NICE ne relève pas d’avantage universel d’un antipsychotique spécifiquement en cas de mésusage de substances associé. Une prescription peut traiter le trouble psychiatrique sans traiter le processus de sevrage lui-même. [10]
Précisez votre consommation réelle d’alcool, d’opioïdes, de stimulants ou de sédatifs, ainsi que les réductions récentes. Ne considérez pas le fait de dormir davantage comme la preuve que le sevrage a été pris en charge, et ne sautez pas la prise d’un médicament prescrit pour donner l’impression que boire est moins risqué. Le guide sur l’alcool et les médicaments offre un cadre distinct pour cette discussion.
Arrêt ou changement de médicament
L’arrêt brutal de la quétiapine peut provoquer des symptômes de sevrage, et les deux prescriptions nécessitent un plan individualisé lorsque le traitement est modifié. Le prescripteur doit tenir compte de la maladie initiale, de la réponse actuelle, des épisodes antérieurs et des effets indésirables. Un changement ne consiste pas à remplacer un médicament par l’autre milligramme pour milligramme, et une ancienne prescription ne doit pas être reprise de votre propre initiative après une interruption prolongée. [1] [3]
Demandez ce qui va changer, ce qui reste inchangé et quand aura lieu la prochaine réévaluation. Notez les symptômes et les dates sans décider à l’avance que chaque problème relève nécessairement d’un sevrage ou d’une rechute. Faites part de votre priorité principale lors du rendez-vous : mieux contrôler les symptômes, réduire la sédation, répondre aux préoccupations concernant le poids ou simplifier les prises. Le plan doit expliquer comment cette priorité sera prise en compte.
Questions fréquentes
L’un des médicaments est-il toujours meilleur pour le sommeil ?
Non. La sédation ne constitue pas à elle seule un objectif thérapeutique complet, et l’insomnie peut nécessiter une évaluation distincte. Comparez le bénéfice psychiatrique recherché et les effets pendant la journée.
La quétiapine permet-elle d’éviter la surveillance métabolique ?
Non. Les deux médicaments peuvent affecter le poids et la santé métabolique ; la surveillance reste donc pertinente.
Que dois-je apporter à la consultation de réévaluation ?
Apportez le médicament exact, votre liste actuelle de médicaments, les résultats d’examens récents et des exemples de bénéfices ou de difficultés. La liste de vérification pour la réévaluation des médicaments peut vous aider.
Données scientifiques et sources
- NHS : Quétiapine.
- NHS : À propos de l’olanzapine.
- MedlinePlus : Quétiapine.
- MedlinePlus : Olanzapine.
- NICE CG185 : Trouble bipolaire.
- Lieberman et ses collègues : Essai CATIE, 2005.
- NHS : Effets indésirables de l’olanzapine.
- NHS : Prendre de l’olanzapine.
- NHS SPS : Interactions liées au tabagisme.
- NICE CG120 : Psychose et mésusage de substances.
Consultez les fiches sur la quétiapine et l’olanzapine ou revenez au répertoire de A à Z.